Conference-Debat Engagement Citoyen C’est Moi

 



Serge Djibré, président d'Africa New Leadership : "La Côte d’Ivoire nous appelle !"

M. Serge DJIBRE, fondateur de l’association « Engagement Citoyen, c’est Moi » & président du cercle de réflexion Africa New Leadership

Au moment où la situation sociopolitique de la Côte d’Ivoire tend à péricliter après le divorce consommé entre les deux principaux partis de la coalition au pouvoir, des voix de la société civile se lèvent pour tirer la sonnette d’alarme. L’association « Engagement Citoyen, c’est Moi » fondée par Serge Djibré est en campagne de sensibilisation auprès de la diaspora ivoirienne pour proposer « une alternative citoyenne ».

D’aucuns pensent que le concept de l’«Ivoirien nouveau » lancé par le président Alassane Ouattara - à ne pas confondre avec celui de l’« Ivoirité » créé en 1993 par son ancien allié politique Henri Konan Bédié - ne saurait se réduire à la simple expression du citoyen respectueux de la justice, des institutions, travailleur, compétent dans son domaine d’activités.

L’Ivoirien nouveau, à bien des égards, c’est aussi la prise de conscience et la capacité de l’Ivoirien à interpeller le politique, les pouvoirs publics sur les questions sociétales. Surtout s’il y a risque d’une rupture partielle ou totale du contrat social, du contrat de confiance entre la classe politique et le citoyen. C’est bien le cas de le dire, dans la plupart des pays africains à quelques exceptions près.

« Le contrat social ou Principes du droit politique », l'ouvrage de philosophie politique de Jean-Jacques Rousseau, nous éclaire sur la question.

L’auteur y soutenait en effet qu’« une organisation sociale juste repose sur un pacte garantissant l’égalité et la liberté entre tous les citoyens, que le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir…La dissolution du contrat social, c’est le retour à l’état de nature, primitif, présocial, « tyrannique et vain ». Une société qui rompt son contrat social ne serait plus une société. »

La Côte d’Ivoire n’est pas en reste de cette triste réalité frappante où beaucoup d’observateurs pensent que la classe politique ivoirienne, toute idéologie confondue, a une fois de plus échoué dans sa mission. Celle de rétablir la paix sociale et la justice sociale, de réconcilier les Ivoiriens, de créer la cohésion nationale, de réduire les disparités ethniques et la pauvreté, de lutter efficacement contre la corruption, le népotisme, le clientélisme, le favoritisme, la médiocrité. Voici le tableau très sombre qui interpelle l’Ivoirien nouveau consciencieux.

Avant que la Côte d’Ivoire ne sombre dans une nouvelle crise, des voix de la société civile, jusqu’à là inaudibles et inactives, se font entendre. L’association « Engagement Citoyen, c’est Moi » créée par l’entrepreneur Serge Djibré, un diplômé de Science Po Paris, a ouvert la voie.

Très actif dans les cercles de réflexion d’intellectuels anglo-saxons et francophones sur les questions de la césure croissante entre les politiques et les populations, le président du cercle de réflexion Africa New Leadership part du constat que « la société est condamnée à se renouveler pour être au diapason des exigences économiques et sociales de l’Ivoirien actuel. »

C’est du moins la quintessence du message qu’il a voulu faire passer aux Ivoiriens vivant aux Etats Unis lors de sa conférence prononcée au National Press Club de Washington DC le 22 septembre dernier sur le thème : « Côte d’Ivoire, 30 ans des même acteurs politiques, quelle alternative ? .

A la mi-novembre au Press Club de France

« Nous sommes en pleine transition du modèle du dirigeant héroïque, solitaire à un leadership porté par des valeurs plus inclusives », observe-t-il. Un discours tranché sur la question de l’alternance politique telle qu’elle se déroule depuis le fondement de la nation ivoirienne. Un sentiment partagé partout en Afrique où le pouvoir semble être confisqué par une classe politique « hors-jeu » et très peu soucieuse des préoccupations des populations civiles.

Selon le président du cercle de réflexion Africa New Leadership « une alternative citoyenne se doit de naître, afin de redonner au citoyen sa place de maître de la cité pour que refleurisse notre nation. »

« Ce discours nouveau, explique le conférencier, exhorte chacun de nous à s’engager afin de peser par des contributions citoyennes dans le débat politique. Le renouvellement des hommes et des pratiques que les citoyens appellent de tous bords ne se fera pas sans notre propre implication visible. »

Pour Serge Djibré, « les citoyens - au-delà des chapelles politiques - doivent se retrouver dans une dynamique constructive et proposer des idées neuves aux problèmes prioritaires de notre société : pauvreté, santé, éducation, emploi, logement. Personne ne sera inutile ! Face aux différents politiques récurrents dans notre pays. »

Après Washington, le président de l’association « Engagement Citoyen, c’est Moi » est à Paris pour s’adresser, cette fois, à la diaspora ivoirienne de France et aux amis français de la Côte d’Ivoire au Press Club à la mi-novembre. Cette rencontre sera déterminante pour cette association qui véhicule « un discours nouveau basé sur la l’implication citoyenne ! » dans la capitale française où les cercles d'amitiés avec le pouvoir d'Abidjan sont très nombreux.

Par Clément Yao